Blog · Enseignement secondaire au Cameroun

Le blog Lycées et collèges du Cameroun

Enseignement secondaire, politiques publiques et actualité des lycées, collèges et écoles normales — des articles sourcés, signés par des enseignants et praticiens de terrain.

Qui enseignera au secondaire ? Le défi des professeurs, chantier n°1 des lycées et collèges camerounais

Publié le 10 septembre 2026 · Politiques publiques & enseignants

Co-signé par NGAN Pulchérie Bardo, institutrice expérimentée, coach certifiée et enseignante certifiée en Programmation Neurolinguistique (+237 650 90 80 23) et MATIP KENDEG Charles Lwanga, expert en politiques publiques, enseignant du secondaire expérimenté, coach certifié et enseignant certifié en Programmation Neurolinguistique (+237 699 08 68 52), avec l'équipe Lycées et collèges du Cameroun.

Après l'école primaire, c'est au collège et au lycée que se joue une part décisive de l'avenir des jeunes Camerounais — et c'est aussi là que le système montre ses tensions les plus vives. La question qui domine cette rentrée du secondaire est limpide : y aura-t-il assez de professeurs, correctement formés et effectivement présents, devant les élèves ?

Un entonnoir qui se resserre après le primaire

L'accès au secondaire reste très inégal. D'après les données synthétisées pour 2025 (UNESCO), près de quatre enfants sur dix qui terminent le primaire n'entrent pas au collège, et l'on estime qu'environ 44,5 % des jeunes en âge d'être au collège et 71,9 % des jeunes en âge d'être au lycée sont hors de l'école. Concrètement, sur cent enfants, une cinquantaine achève le premier cycle (collège) et une vingtaine seulement le second cycle (lycée). L'enseignement secondaire camerounais est donc un système à la fois massif à son entrée et très sélectif à sa sortie.

Le nerf de la guerre : les enseignants

La qualité du secondaire dépend d'abord de ses professeurs, et c'est précisément là que le bât blesse. En janvier 2025, la presse spécialisée recensait environ 1 226 enseignants manquant à l'appel dans le secondaire, et la seule région du Centre signalait 637 personnels absents de leur poste en décembre 2025. Le ministère des Enseignements secondaires (MINESEC) pèse pourtant à lui seul près de 34 % de la masse salariale de la fonction publique : le problème n'est pas seulement le nombre de postes, mais aussi l'affectation effective, la présence et la répartition des enseignants sur le territoire.

La réponse publique : rouvrir les grandes écoles de formation

Après trois ans de suspension — le dernier concours remontait à l'année 2022/2023 —, l'État a rouvert en 2026 les concours d'entrée aux écoles normales supérieures. Un communiqué du 13 janvier 2026, signé du ministre de l'Enseignement supérieur Jacques Fame Ndongo, a ouvert 2 500 places : 1 300 à l'École normale supérieure (ENS) répartie sur cinq sites (Bambili, Bertoua, Buea, Maroua et Yaoundé) et 1 200 à l'École normale supérieure d'enseignement technique (ENSET) sur quatre sites (Douala, Ebolowa, Kumba et Bambili). L'accès se fait au baccalauréat pour le premier cycle et à la licence pour le second cycle. C'est par ces écoles que se forment les professeurs de lycée et collège ; en rouvrir les portes est le signal le plus concret d'une volonté de reconstituer le vivier.

Les limites qu'il faut dire honnêtement

Former ne suffit pas : encore faut-il recruter, affecter et payer. Le secondaire camerounais a connu ces dernières années des tensions récurrentes sur les arriérés de salaire et le statut des enseignants, ainsi que le recours massif aux vacataires et aux enseignants payés par les associations de parents pour combler les classes sans professeur. Deux mille cinq cents places de formation par an ne compenseront pas d'un coup un déficit installé, ni les départs, mutations et absences. La reconstitution du corps enseignant du secondaire est un chantier de plusieurs années, pas d'une rentrée.

Des résultats inégaux selon les régions

Les fractures territoriales se lisent jusque dans les examens. À la session 2026 du baccalauréat, les taux de réussite s'échelonnaient d'environ 54 % dans le Sud-Ouest à environ 26 % dans l'Extrême-Nord : du simple au double selon la région. Une note plus encourageante : les filles réussissent désormais mieux que les garçons à tous les niveaux du secondaire (UNESCO, 2025), un renversement notable par rapport aux décennies précédentes. Réduire l'écart entre régions — en affectant les professeurs qualifiés là où ils manquent le plus — reste le levier de politique publique au meilleur rapport coût-efficacité.

L'éclairage PNL : accompagner les nouveaux professeurs et les élèves de la 6e à la Terminale

Ce chantier de la formation et de l'affectation des professeurs est aussi un terrain d'application direct pour les outils de la Programmation Neuro-Linguistique (PNL), au service d'un groupe cible précis : les jeunes professeurs sortant des ENS/ENSET et les chefs d'établissement qui les accueillent. Trois outils s'y transposent concrètement. Le modelage : faire observer aux débutants les gestes précis des professeurs les plus efficaces d'un lycée — conduite de classe à gros effectif, consignes, gestion du tableau et du temps — pour les décomposer et les transmettre, plutôt que de laisser chacun réinventer son métier seul ; c'est une méthode de transmission du savoir-faire adaptée à la formation continue. Les objectifs bien formulés : aider chaque enseignant, comme chaque élève de la 6e à la Terminale, à définir un objectif précis, positif, mesurable et sous son contrôle pour le trimestre, au lieu d'une injonction vague à « mieux travailler » — un levier simple pour les plans locaux de renforcement des capacités. Le recadrage, enfin : transformer le « je suis nul en maths » de l'élève en « je ne maîtrise pas encore cette notion », pour installer des attitudes d'apprentissage plutôt que des étiquettes d'échec, à l'âge où l'estime de soi est fragile. Ces techniques de communication ne coûtent rien et ne remplacent ni les référentiels de formation ni les effectifs raisonnables ; elles complètent le travail des grandes écoles, elles ne s'y substituent pas.

Ce que parents et communautés peuvent faire

Sources.
  • Réouverture des concours ENS/ENSET 2026, 2 500 places (1 300 ENS : Bambili, Bertoua, Buea, Maroua, Yaoundé ; 1 200 ENSET : Douala, Ebolowa, Kumba, Bambili), communiqué du 13 janvier 2026 — EcoMatin
  • Déficit et absentéisme des enseignants du secondaire (≈1 226 manquants en janvier 2025 ; 637 personnels absents dans le Centre en décembre 2025 ; part du MINESEC dans la masse salariale) — DataCameroon ; Camer.be
  • Scolarisation au secondaire, achèvement collège/lycée, transition depuis le primaire, taux de réussite au baccalauréat 2026 par région, parité filles-garçons — synthèse « Éducation au Cameroun : état des lieux 2026 » (d'après UNESCO, INS, MINESEC)

Chiffres à la date de publication (10 septembre 2026), arrondis, provenant des sources citées ; certains portent sur des années antérieures explicitement indiquées et peuvent être révisés. Cet article d'information ne remplace pas les communications officielles du MINESEC.